LogoAfeb69   SITE DE L'AFEB 69

 

BuffiereSapin

ASSOCIATION FRANCAISE DES ENTRAINEURS DE BASKET-BALL DU RHONE

 

Accueil

 

Contacts

 

Correspondants de Club

 

Ressources

 

Manifestations

 

Photos

 

Liens

 

Qui sommes nous

 

Simplifions le basket


INTERVENTION DE CLAUDE BERGEAUD

cb


" SIMPLIFIONS LE BASKET BALL "

Claude BERGEAUD nous rappelle, en préambule, qu'il n'est pas un " marginal du milieu " fédéral comme il a pu être présenté dans la presse ; Bien au contraire, le nouvel entraîneur national de l'équipe de France maculine, a suivi toutes les filières fédérales en passant le brevet d'état 1er degré à 19 ans et le brevet d'état 2nd degrès à 23 ans.

Avoir des convictions et non des certitudes :

Avoir des certitudes est synonyme de problèmes pourl'entraîneur qui est en gestion permanente de personnes humaines, entité par définition irrationnelle. Par exemple, prenons le titre perdu à Villeurbanne en 2002 ; il reste 11 secondes à jouer, nous sommes à - 1, avec la possession du ballon. Pour chaque fin de match, nous avons une situation prévue ; dans ce match, Yann BONATO " est dans le rouge " et se trouve au marquage de Boris DIAW. Stratégiquement, B. DIAW ne devait pas être à la position à laquelle il se trouvait : Il se retrouve en situation de un contre un face à Y. BONATO au lieu que Roger ESTELLER ait la balle. Sachant que B. DIAW a une énorme main droite et qu'il est capable de marquer de près, contre la planche ou de faire une passe, on aurait pensé qu'il serait parti sur son dribble à droite ; l' irrationnalité du comportement humain fait que B. DIAW est parti à gauche. Cet exemple pour dire qu'il ne faut pas être sûr des choses.

Revendiquer une formation c'est faire preuve de prétention ; il ne faut pas réduire le succès et les bonnes performances au travail effectué par l'entraîneur. L'entraîneur n'est pas la seule personne à intervenir dans la formation du joueur ; il y a tellement d'histoires de vie qu'il faut être prudent. L'entraîneur doit rester humble en sachant que le rôle qu'il a joué se situe dans le processus de construction d'un individu.

Le coach ou la gestion de groupe de l'entraîneur :

Historiquement, le statut de l'entraîneur a évolué : durant un premier temps, l'entraîneur combinait souvent les rôles de joueur et d'entraîneur, puis uniquement la fonction d'entraîneur ; Aujourd'hui l'entraîneur est aussi un coach. Ce statut rajoute une dimension supplémentaire dans le fait que l'entraîneur doit se préoccuper du management des hommes. L'entraîneur travaille, évolue pour apprendre à connaître la nature humaine, et non pas pour la rationnaliser. Une abérance persiste à travers la croyance que l'on puisse tout calculer et tout mesurer ;Les statistiques mesurent plein de choses mais elles ne mesurent pas la dimension humaine que certains joueurs peuvent apporter dans un groupe. (ondes positives)

Partir avec des idées :

Ma conviction est que le sport ( activité motrice codifiée), par essence, est pour les jeunes. Ces derniers devant s'évaluer à travers la compétition. Il faut donc proposer du sport aux jeunes et avoir le courage de vouloir faire évoluer les jeunes en compétition. On constate de manière générale, qu'il y a très peu de cadets évoluant dans les compétitions de N2 ou d'excellence région. Or, les jeunes ne pourront pas acquérir de l'expérience si on ne les met pas très tôt en confrontation. Je me définis donc comme un entraîneur manager et non un entraîneur formateur, par les choix qui m'ont permis de gérer mes équipes.

L'entraîneur, une perpétuelle remise en question :

Si l'entraîneur s'appuie sur des idées, il doit être aussi capable de se remettre en question. Je me suis rendu compte que mon approche de l'enseignement du basket ball était trop compliquée. A l'ère de la communication, j'aurai pu, par facilité, me rapprocher du modèle américain, mais cela n'a pas été mon choix ; ce modèle ne m'apportant pas de réponses à mes questions. Depuis 1990, chaque année, je me rendais en Yougoslavie et je me suis alors interrogé : Comment emmener autant de joueurs au plus haut niveau quand on fait des choses aussi simples ? Et cela, d'autant plus, dans des conditions souvent très précaires. Il n'est pas nécessaire de rappeler que ce pays possède une très riche culture de la victoire en sports collectifs : Champion du monde en basket ball, volley ball, water-polo, et habitué des premières places en hand ball.

L'exemple du basket yougoslave :

Au retour de mon dernier déplacement en Yougoslavie, en octobre 2003, j'ai pu reposer les principes d'efficacité essentiels de l'entraînement de basket ball en Yougoslavie :

1. La technique avant de jouer

2. La répétition des mêmes choses

3. L'engagement et l'intensité du travail demandé aux joueurs

Je me suis dit qu'il serait intéressant de s'appuyer sur la pertinence de leur fonctionnement, sachant que l'on ne peut pas tout s'approprier. Décrivons les caractéristiques de la société yougoslave que nous ne pouvons pas reproduire en raison de leur spécificité culturelle et génétique.

* Le système éducatif yougoslave favorise la pratique du basket ball :

Les enfants yougoslaves ont vingt à vingt-cinq heures de cours par semaine. Ils étudient de 8h à 13h ou de 12h à 17h, ce qui leur permet de s'entraîner l'après-midi après les cours dans le premier cas, voire de doubler les entraînements dans le deuxième cas, en s'entraînant la matinée et en fin d'après-midi après les cours.

* Le facteur génétique de la population yougoslave :

La population yougoslave est une population dont les individus ont de grands gabarits. Les joueurs nés en 1992 sont déjà très grands ( joueurs à + de 1m85), les plus grands dépassant 1m 90.

* Des qualités de force mentale :

D'autre part, une recherche en ethnologie a montré que la qualité de la terre permettait une production d'aliments développant une force mentale supérieure du cerveau monténégrin. Cette qualité étant aussi favorisée par la confrontation de la population à un contexte sociale difficile.

Exemple : A PAU, Dragan LUKOVSKI, le lendemain d'un match raté sur le plan individuel, se met en guerre contre lui-même en se donnant des sanctions personnelles.

Si ces caractéristiques sont spécifiques à la société yougoslave et sont inappropriables en France, l'aspect sur lequel nous pouvons nous appuyer est la méthodologie de l'entraînement développée par les entraîneurs yougoslaves.

LA METHODOLIE DE L'ENTRAINEMENT

L'esprit du " JEU " est mort ?
Vive le " JE " ?

Les entraîneurs sont aujourd' hui responsables de la mort du jeu parce que nous avons tout tellement organisé que nous avons tué la spontanéïté de tout ce qui peut se faire de manière jouée. L'entraîneur veut tout gérer, tout régenter au détriement du développement de la malice chez le joueur. Les jeunes joueurs n'ont plus la capacité à s'adapter à ce qui leur est proposé par l'adversaire ; la tricherie, dans le bon sens du terme, n'existe plus. Pourtant celle-ci fait partie du jeu ( exemple : certains attaquants yougoslaves accrochant le bras pour récupérer la faute du défenseur en over-play)

Le " JE " c'est ce qu'utilise en permanence l'entraîneur : entraînements individuels, formation individuelle, consignes individuelles ; on est sans arrêt sur le " je " et on se plaint ensuite de résultats, qui sont pourtant le fruit de notre éducation, celle de penser d'abord au joueur puis ensuite au collectif. Il faut revenir à des valeurs collectives d'entraînement : tous les joueurs feront la même chose. (même en musculation) Le rôle de l'entraîneur est de ramener le " je " dans le " jeu " sinon on va en avant de problèmes.

Exemple des championnats d'Europe à Stockholm, où l'équipe de France a péché par excés d'individualisme.

SE POSE T-ON LES BONNES ET LES VRAIES QUESTIONS ?

Qu'est-ce qui est le plus important ?

Quelles priorités ?

Nous allons nous appuyer sur deux approches : une approche didactique se centrant sur ce que l'entraîneur souhaite enseigner et une approche pédagogique se focalisant sur la manière avec laquelle l'entraîneur va s'y prendre pour enseigner ses contenus.

Des déviances à éviter :

On a tendance à mélanger tous les corps de l'enseignement. Les entraîneurs, avec leurs équipes de jeunes, veulent enseigner comme les coachs du haut niveau ( " tout le monde est coach ") .
Une autre déviance consiste à vouloir ressembler au professeur d'éducation physique et sportive ou à aspirer à " être LE coach de SON club ", avec un souci de contrôler toutes les situations.

Exemple :
Dans les écoles de basket, tous les joueurs ont un ballon ; au rassemblement des joueurs, en début d'entraînement, l'entraîneur réprimende un joueur faisant rebondir son ballon puis donne des consignes durant 5 minutes à ses joueurs " au garde à vous. "

Or nous savons qu'au bout de 30 secondes d'écoute, un joueur perd son attention. L'entraîneur se pose-t-il alors la bonne question ? A savoir : Est-ce qu'un enfant est capable d'écouter pendant 5 minutes sans faire rebondir un ballon ? Où est la priorité ? Qu'est ce qui est le plus important ?

Exemple :

En minimes France et cadets France, j'ai pu observer que le dernier arrivé lors d'une course devait effectuer des pompes ; ce joueur n'arrivait pas à courir en maintenant un ballon sous le bras ; ici aussi, nous nous trompons encore de cible par rapport à ce que l'on souhaite enseigner.

On ne peut pas tout enseigner ( 1h30 : travailler sur 3 situations).

Exemple : jeu rapide ( 1 mois) => défense => tir en course => rebond (" On fait tout et on ne fait rien ".)

Après avoir dégagé des priorités, il faut les cibler, c'est à dire diminuer leur nombre pour ensuite établir un programme à respecter. Un éducateur doit avoir un projet de cycles, d'année, et terminal.

Respecter des étapes :

Il faut tout d'abord respecter les étapes du développement physiologique des jeunes ; en benjamins, on priviligiera une filière énergétique, en minimes, on travaillera un peu plus fort, puis en dadet, une certaine maturation musculaire permettra d'aborder un travail de musculation sans charge additionnelle.

L'entraîneur doit aussi respecter les étapes de compréhension et d'assimilation des joueurs. En minimes, par exemple, le mouvement du ballon et des joueurs demandera du temps pour que les joueurs se déplacent de manière organisée et cohérente ; les résultats d'un tel travail ne se mesureront pas dans l'immédiat mais à plus long terme : il faudra 4 mois pour arriver à voir 3 passes et 4 mouvements de joueurs. L'entraîneur se fixera donc des objectifs annuels. Il respectera des étapes pour ne pas aller trop vite en ciblant notamment un nombre restreint de priorités.

Un maître-mot : cohérence

Les apprentissages visés doivent être cohérents et s'inscrire dans la continuité et la progressivité à chaque catégorie d'âge.

En attaque, un joueur fort en 1 contre 1 doit-il apprendre d'abord à faire des passes ou à savoir exploiter sa capacité dans le jeu ?

En défense en homme à homme, le joueur doit-il donner plus d'importance à son duel l'opposant à son attaquant direct ou doit-il savoir que la défense se joue avant tout collectivement ? (En Yougoslavie, la défense de zone est pratiquée dès le plus jeune âge ; elle permettrait aux attaquants d'apprendre des principes d'occupation de l'espace réinvestissables dans l'attaque des autres formes de défenses)

Les entraîneurs recherchent souvent des meneurs de jeu à forte personnalité, capables de diriger le jeu et possédant une forte capacité de communication. Or on a tendance à éteindre ces joueurs en retreignant leurs responsablités et leur prise de paroles. Quelle est la volonté de l'entraîneur ?

Pour illustrer cette recherche de cohérencence, nous prendrons l'exemple du coaching de l'agressivité, développé au centre de formation à Pau. Nous avions observé un déséquilibre des prises d'initiatives entre les joueurs, en terme de tentatives de tir en situations ouvertes : une partie des joueurs refusant de tirer. Nous avons donc contraint chaque joueur à prendre le tir ouvert sous sanction d'être remplacé pour ainsi responsabiliser chaque joueur sur le terrain.

Cette recherche de cohérence se construit aussi par une adaptation par rapport au règlement ; la sanction automatique des contacts entre attaquants et défenseurs peut inhiber l'apprentissage. La consigne " ne pas aller chercher le ballon dans les mains " dénature le basket, on doit laisser les défenseurs développer une certaine forme d'agressivité. Le problème est pour les attaquants qui par rapport à cette agressivité défensive doivent trouver des solutions. En Yougoslavie, tant qu'il n'y a pas une situation défensive qui pénalise l'attaquant, on ne siffle pas faute. Par contre si l'attaquant est désavantagé (perte de balle), on siffle.

En ce qui concerne l'apprentissage du tir intérieur, on apprend à tirer avec la faute ; il y a faute systématique sur le tir. La faute fait partie intégrante de la formation du joueur. Les joueurs nés en1992 lors des tirs intérieurs se protègent, et anticipent la faute. Les joueurs yougoslaves de haut-niveau obtiennent souvent le 2 + 1. Ceci se construit dès le plus jeune âge.

L'entraîneur doit donc prendre en compte une possible incohérence entre l'agressivité qu'on veut développer et celle qu'on sanctionne.

3c31

Jeu en 3 contre 3 :

Remise en jeu ligne de fond

Les défenseurs sur non porteurs sont ouverts à leur joueur, dos au ballon

Le défenseur du porteur de balle se situe au- dessus de la ligne des lancers-francs et prend l'information sur les 3 attaquants.

Jeu en continuité (après un tir => changement de statut)

= > Jamais d'interventions techniques intempestives

= > Jeu en agressivité avec des trappes à réaliser

= > Présence de fautes dans le jeu

= > Les joueurs ne récitent pas

Dans notre société, l'agressivité, la vaillance, l'effort sont suspectés ; dans nos salles, le joueur agressif, qui arrache un ballon sur une situation d'entre-deux est montré du doigt par les parents et les spectateurs non avertis. Le message qu'il faut transmettre c'est que l'effort est une forme d'intelligence ; la mission de l'éducateur est de montrer que se structurer pour se faire souffrance est une certaine forme d'intelligence. Par contre l'engagement demandé aux joueurs est à réglementer par l'entraîneur. L'entraînement idéal serait celui où l'entraîneur a favorisé un engagement intensif des ses joueurs mais contrôlé. Or l'entraîneur a tendance, en priorité à empêcher tout débordement, par peur de perdre le contrôle de l'entraînement.


Cohérence / Préparation des matches :

Optimiser le temps de l'entraînement, en prenant son équipe avant le début de l'entraînement pour présenter le projet d'entraînement, les objectifs visés lors de l'entraînement. A la fin de l'entraînement, l'entraîneur peut occuper un coin de la salle ou se diriger dans un vestiaire afin d'effectuer un bilan de la séance d'entraînement.


Cohérence / compétition :

L'agressivité est un outil pour gagner des matchs. Un comportement agressif ne doit pas toujours être perçu avec une connotation péjorative, à travers l'image du défenseur effectuant de grands gestes pour récupérer le ballon ; une course sans ballon pour aller loin en appelant le ballon, revenir pour former un joueur ayant accès au panier est aussi synonyme de comportement agressif.

Cohérence / exigences du jeu :

Le phénomène de grappe n'existe pas en Yougoslavie ; en France, nous demandons aux poussins ou aux benjamins de jouer le passe et va et en structure de " fer à cheval ", en éclatement. L'entraîneur donne aux joueurs des comportements par procuration. Ce ne sont pas des comportements naturels, c'est à dire venant de la propre initiative du joueur. L'entraîneur yougoslave fonctionne différemment ; il va partir de la technique pour que le joueur trouve la bonne solution. L'important est que le joueur acquiert un minimum d'habiletés techniques et de solutions par rapport au jeu sans ballon. Ainsi, la technique va permettre de lutter contre l'apparition du phénomène de grappe.

Pour illustrer cette idée, nous prendrons une situation de jeu où les défenseurs doivent toucher le ballon pour pouvoir le récupérer. Les défenseurs marquant 1 point à chaque ballon touché. Cette agressivité exigée du défenseur oblige les attaquants à protéger leur ballon et à trouver eux-mêmes la solution qui est de pivoter.

LES 3 EXIGENCES DE LA COMPETITION

A chaque entraînement, trois exigences sont à réunir en même temps :

- AGRESSIVITE

( un 3 contre 0 peu être agressif)

- REACTION

(spécificité du basket ball où le joueur est amené à enchaîner des actions)

- HAUTE INTENSITE

(au niveau neuro-musculaire, l'entraînement chez les jeunes doit être intense, période propice / à l'âge adulte)

3 IDEES MAITRESSES :

1. Traverser le terrain tout le temps :

A haut niveau, un joueur traverse en moyenne un terrain 75 à 85 fois mar match. Les joueurs le traversent-ils autant de fois à l'entraînement ? Il faut éviter les situations à l'arrêt, il faut rationnaliser le temps (et non les individus).

Utiliser la longueur du terrain sur tout ce que l'on fait (passes, dribbles, défenses, adresse, fondamentaux collectifs …) Quand on a la chance et le loisir d'avoir un groupe de 12 individus avec un terrain et quelques ballon, les joueurs doivent être sollicités sur les courses.

" Il faut qu'il y ai des trous dans les couloirs extérieurs, tellement les joueurs y sont passés ".

2. Les formes jouées :

Beaucoup d'entraîneurs imposent à leurs joueurs des parcours de santé où les joueurs remplissent des colonnes se vidant et pietinent ; l'entraîneur favorisera l'apprentissage de ses joueurs s'il évite les exercices non joués. L'entraînement sera plus bénéfique pour le joueur s'il n'y a pas stabulation et si les joueurs enchaînent les vagues de courses.

3. L'adresse :

En ce moment, ce sujet interpelle la direction technique nationale. (ex : Championnat d'Europe masculin 2003 à Stockolhm où il y a manqué d'adresse contre la défense de zone des lituaniens). En Yougoslavie, chez les jeunes nés en 1992 et 1993, la priorité dans l'adresse consiste à se caler très vite dans ses pieds à la prise de balle.

A l'école de basket du Partizan de Belgrade, des travaux en psychomotricité mettent en évidence qu'une habileté motrice réalisée à faible vitesse à l'entraînement aboutit à la construction d'un individu qui agira lentement dans le jeu. La priorité de l'entraîneur est d'insister sur la prise rapide du ballon et de la vitesse de placement des appuis ;L'alignement segmentaire ne venant qu'en second lieu dans l'ordre des priorités d'apprentissage.

RENDONS LE BASKET SIMPLE

/ entraînements

/ matches

  • Essentiel de traverser le terrain en rythme et tout le temps.

  • Essentiel " d'abolir " les continuités si elles ne sont pas nécessaires.

  • Exemple : Priorité :apprentissage du tir en course en pleine vitesse.

Eviter de rajouter un parcours motricité avant la situation recherchée de tir en course à pleine vitesse sur un ½ terrain. Le tir en course risque sinon d'être réalisé sans vitesse car le joueur n'a pas les moyens d'accélérer vu la somme du travail devant précéder sa course.

Le travail situé en amont du tir en course sur un même exercice inhibe l'objectif visé : le tir en course à pleine vitesse.

  • Essentiel de développer le prendre-jouer.

Il est nécessaire de diminuer le temps de lecture. Dans les catégories benjamins, minimes, il y a eu un discours sur cette question de lecture. La priorité n'est pas de prendre l'information en ayant une attitude de triple-menace mais d'éxécuter dès la prise du ballon, l'une des trois actions, à savoir : dribbler, passer, tirer.

Pour cela, il faut simplifier le jeu, et développer un jeu dans les espaces, un spacing cohérent. Le modèle du basket professionnel, avec les systèmes, le coaching est à proscrire chez les jeunres. L'entraîneur développera et passera du temps sur la technique des 1 contre 1 adaptée au jeu ; il évitera de perdre du temps avec certaines formes d'exercices.

Cohérence dans les déplacements :

3c32 3c33

3c34

ENTRAINEMENT TYPE YOUGOSLAVE CHEZ LES JEUNES ( 1h à 1h15)

1 - ECHAUFFEMENT :

JEUX (style épervier, " le couloir de la mort ", " la balle aux prisonniers ")

Exemple 1 : le chat - souris

Des couples de 3 joueurs se tiennent la main1 chasseur : X

Des esquiveurs : O

Le chasseur doit toucher les esquiveurs,

Les esquiveurs peuvent pour se protéger, se lier aux couples de 3 joueurs ( on ne peut être + de 3 par couple),

Le dernier joueur du couple doit se détacher en cas de nouvelle liaison,

Les esquiveurs ne doivent pas se cacher derrière les couples (tout le monde doit bouger)

chat

Exemple 2 : Toucheurs-esquiveurs

2 équipes1 équipe de toucheurs se faisant des passes et devant toucher (avec le ballon dans les mains) les esquiveurs,

Variable : interceptions des esquiveurs provocant le changement de statut des joueurs des deux équipes.

Jeu développant l'agressivité de l'esquiveur qui cherche à ne pas être touché.

toiche

2 - ASSOUPLISSEMENT DYNAMIQUES :

Les enfants répètent à chaque séance toujours les mêmes assouplissements, de type stretching, avec des balancés de bras, des rotations de tête, …

Les enfants sont très autonomes et sont capables de prendre eux-même cette partie de l'entraînement.

Durée : 5 minutes

3 - LE 3 CONTRE 0 :

Exécuté par vague sur tout le terrain, il vise un apprentissage spécifique mais permet de travailler sous cette forme tous les aspects techniques du basket.

( Ex : aprentissage de la contre-attaque ; Le travail du rebond sera inséré dans cet apprentissage de la contre attaque, les joueurs devant aller récupérer le ballon le plus haut possible après le tir.)

4 - EXERCICES NATURELS :

Enchaînement d'exercices où le joueur sprinte, plonge au sol, met une épaule au sol, fait la brouette, se relève, … sur des longueurs de terrains

5 - L'ADRESSE :

Séries de 10 tirs 1 ballon pour 2 joueurs OU Tir en course( la main gauche => 3mois d'apprentissage spécifique).

6 - EXERCICES NATURELS :

Enchaînement d'exercices où le joueur sprinte, plonge au sol, met une épaule au sol, fait la brouette, se relève, … sur des longueurs de terrains

7 - OPPOSITIONS EN SURNOMBRE ET/OU A EFFECTIF REDUIT :

JEU à 3 contre 2 ou à 3 contre 3

8 - EXERCICES NATURELS :

Enchaînement d'exercices où le joueur sprinte, plonge au sol, met une épaule au sol, fait la brouette, se relève, … sur des longueurs de terrains.

9 - L'ADRESSE :

Séries de 10 tirs 1 ballon pour 2 joueurs OU Tir en course( la main gauche => 3mois d'apprentissage spécifique).

10 - EXERCICES NATURELS :

Enchaînement d'exercices où le joueurs sprinte, plonge au sol, met une épaule au sol, fait la brouette, se relève, … sur des longueurs de terrains

11 - JEU LIBRE :

L'entraînement est réalisé à une telle intensité, que l'entraînement ne dure pas plus de 1h15 ( 1h30 chez les cadets.)

Pour conclure, j'insisterai sur ce que j'apelle la pédagogie de la gratification. Nous avons le défaut d'arrêter les entraînements quand nous repérons des erreurs d'éxécution chez les joueurs mais nous intervenons assez rarement pour souligner ce qui est positif chez les joueurs. L'entraîneur se doit d'insister aussi sur les images références et prendre le temps de spécifier à ses joueurs que ce qu'il vient d'observer est ce qu'il attendait d'eux.

Sur les catégories de jeunes, amener 80% d'images positives, par exemple, en revenant sur ce qu'ils viennent de réaliser et en les interrogeant sur leur production. Il faut montrer au joueur, une image qui servira de référence par rapport à ce qu'on attend de lui, à son niveau.

Pour cela, rien de mieux que l'utilisation de la photographie pour leur montrer ce qu'il y a à repérer ( Exemple : Le poignet d'Hervé DUBUISSON au tir.) Or aujourd'hui, les jeunes joueurs ont comme représentations, celles des photos de joueurs de plus en plus athlétiques, souvent le bras dans le cercle.

QUESTIONS DU PUBLIC :

Question N°1 : la gestion de l'égo des parents :

Le problème de la gestion de l'ego des parents en Yougoslavie prend une dimension supplémentaire : dans toutes les écoles de basket, on retrouve un affichage annonçant les consignes destinées aux parents : " interdiction de s'adresser à l'arbitre, interdiction de … "

Les parents sont tous investis, ils souhaitent tous que leur enfant devienne joueur professionnel, les parents coachent.

Question N°2 : Comment apprendre la " gnac " aux joueurs, si on n'affiche pas les points (allusion au règlement de la catégorie poussin, où l'écart de niveaux est minoré par l'absence d'affichage du score) ?

En poussins, a-t-on besoin d'avoir la compétition gagnée ? On peut, tout simplement, avoir de l'agressivité pour récupérer le ballon car celle-ci est naturelle. On sait qu'elle s'estompe. Je ne comprends pas le système en benjamins où on veut faire jouer tout le monde ; par contre, je le comprends dès l'instant où l'on a une autre forme de compétition sans enjeux, où tout le monde vient pour s'amuser. Ce règlement dans la catégorie benjamins a été fait à cause de l'incapacité des adultes à pouvoir gérer leur égo (vouloir gagner des matchs) Il faut savoir différencier les objectifs visés par le club : la compétition fédérale n'a pas les mêmes fins que celles visées par les compétitions UFOLEP, les plateaux jeu où le développement moteur est privilégié.

Question N°3 : Y-a t-il un temps de l'entraînement consacré spécifiquement à la défense ?

La défense, il faut la jouer jusqu'en minimes ; Elle se travaille à travers les situations jouées de 2 contre 2 sur tout le terrain ; ce n'est qu'à partir de la 2ème année minimes qu'on pourra mettre en place des exercices spécifiques.

Question N°4 : Peut-on comparer le basket lituanien au basket yougoslave ?

Les lituaniens ont une très forte orientation sur le tir (MACIJAUSKAS, STOMBERGAS,…) les parents inscrivent aussi leurs enfants à des écoles privées de basket, payantes (école Marciulonis par exemple) ; En ce qui concerne les méthodes d'entraînement, je n'ai pas plus d'informations.

Question N°5 : Comment les Yougoslaves abordent-ils la préparation physique à l'entraînement ?

Elle est intégrée jusqu'en minimes au travail joué que l'entraîneur demande. A partir de 14-15 ans, ils commencent à utiliser du matériel tel que la corde à sauter, des ballons de basket lestés, …
En ce qui concerne la musculation ils alternent les sauts de bancs et les exercices sollicitant les triceps. Il n'y a pas d'appareil de mesure, de chronomètres, tout n'est pas aussi rationalisé comme en Europe de l'Ouest, …


Question N°6 : Comment sont organisées les compétitions en Yougoslavie ?

Il y a 2 ans, il n'y avait de compétions chez les jeunes qu'à partir de la catégorie cadets ; actuellement la compétion vient d'être ouverte aux benjamins. Cela reste néanmoins de l'auto-organisation car la fédération Serbe est sinistrée. Le bénévolat est peu développé ; ceci s'explique par le fait que les personnes pensent d'abord à se préoccuper de leur propre situation, dans un contexte difficile.

Tout est organisé dans le privé. Les premières compétitions organisées ne se posent pas comme question de savoir qui faire jouer entre les bons et les moins bons.

Le 12/12/2004 à L' UFR-STAPS de LYON